La pisciculture d'Estavayer rouvrira (enfin) cette année
La date reste encore floue, mais l'infrastructure sera donc relancée en 2026, dix ans après la première inauguration qui avait tourné au fiasco.

Cette fois c'est sûr: la nouvelle pisciculture d'Estavayer sera bien inaugurée officiellement cette année. Quand exactement? "Ce sera entre le printemps et l'automne 2026", répond Guido Balmer, porte-parole de la Direction du développement territorial, des infrastructures, de la mobilité et de l’environnement (DIME) du canton de Fribourg.
Cela laisse une marge de plusieurs mois. "On veut être sûr cette fois que la production fonctionne et qu'elle a fait ses preuves", justifie Guido Balmer, quitte à assumer le retard par rapport au calendrier initial.
On sent les autorités cantonales extrêmement prudentes dans ce dossier. Il faut dire que la première ouverture avait été un échec. Inaugurée en octobre 2016, la pisciculture d'Estavayer n'avait jamais pu vraiment fonctionner en raison d'un problème de pompage de l'eau. Elle avait cessé ses activités en février 2017.
Le projet avait été un temps abandonné, puis relancé après une commission d'enquête parlementaire et un vote des députés fribourgeois, contre l'avis du gouvernement. Trois millions et demi de francs avaient été investis en 2024 pour la remettre en état. Aujourd'hui, on approche du but.
Des productions pilote ont déjà démarré. Des tests pour les brochets été réalisés au printemps 2025, première espèce de poisson produite dans les installations toutes neuves.
Pour ces essais, des œufs capturés dans le lac de Neuchâtel y ont été incubés. Une partie des alevins a été remise dans le lac de Neuchâtel, une autre a été gardée plus longtemps puis relâchée dans les lacs de Schiffenen et de la Gruyère, précise la porte-parole cette fois de la Direction des institutions, de l'agriculture et des forêts (DIAF), Aurélie Brulhart Haenni.
Des alevins de truite aussi
La pisciculture produira également trois autres espèces de poissons: des truites, des palées et des bondelles. Pour ces espèces-là, les essais n'ont pas encore eu lieu. Ils démarreront fin 2026/début 2027, c'est-à-dire après l'inauguration officielle.
En cause: des retards sur le chantier qui ont tout décalé d'une année. "Pour chaque espèce, il n'y a qu'un créneau très court dans l'année pendant lequel les poissons géniteurs sont matures", explique Aurélie Bruhlhart Haenni.
Les futurs alevins de truite doivent repeupler des affluents des lacs de Neuchâtel et de Morat. Les palées et les bondelles seront relâchées directement dans les lacs de Neuchâtel et de Morat.
En attendant, ce retard n'entrave pas les pêcheurs professionnels, tient à souligner le canton. Ils sont toujours fournis en alevins par la pisciculture intercantonale de Colombier, dans le canton de Neuchâtel.


