Le canton défend l'écriture épicène

Le Conseil d'Etat répond aux députés qui s'inquiètent du respect de la langue française selon les règles de l'Académie française.

Pour le Conseil d'Etat fribourgeois, l'Académie française n'a pas le rôle de gardienne de la langue. © Pexels

Les députés PLR Savio Michellod et Sébastien Dorthe demandaient il y a quelques mois au Conseil d'Etat sa position face à l'écriture inclusive. "Alors qu’elle s’autoproclame plus égalitaire, l’écriture inclusive a pour effet concret d’aggraver des inégalités. En conséquence, son utilisation par les institutions étatiques ne doit en aucun cas se généraliser", écrivaient-ils dans leur question adressée au gouvernement. Selon eux, le canton de Fribourg doit s'en tenir aux usages de l'Académie française.

Dans sa réponse rendue publique lundi, le canton de Fribourg nuance le rôle de l'institution. Son mandat concerne le vocabulaire, pas la grammaire. "Même si l’Académie donne cette impression de gardienne de la langue, elle n’a pas ce rôle [...]. "Toute langue évolue constamment, et c’est davantage son usage concret qui la modifie que les décisions d’une institution telle que l’Académie française." 

Le gouvernement a édicté en 1998 les Recommandations concernant l'égalité linguistique entre hommes et femmes, qui servent de base pour les documents cantonaux. Dans l'administration, les formules neutres et les doublets sont privilégiés.

L'Académie française a mis en garde contre l’écriture inclusive. Elle craint notamment que son usage aboutisse à une langue désunie, mais aussi qu'elle pénalise certaines personnes, par exemple en cas d'un handicap cognitif.

Frapp - Alexia Nichele
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