Le Covid a moins impacté le mental des Suisses qu'ailleurs

En Suisse, la charge mentale qu'a fait peser la pandémie de Covid-19 sur les gens a été moins lourde qu'ailleurs. Cette conclusion émane d'une étude réalisée par l'Université de Bâle et publiée mercredi.

Photo prise pendant un cours d'éducation physique le 18 mars 2021 à Zurich. © KEYSTONE

Un peu plus de 4000 personnes vivant en Suisse ont répondu volontairement à un questionnaire lors de la pandémie. Elles ont donné des informations sur leur bien-être et 3400 personnes ont aussi parlé de l'état mental qui était le leur alors que le Covid-19 occupait le devant de la scène et bouleversait leurs habitudes.

Le même exercice a été mené dans différents pays. En Suisse, comme dans le reste du monde, la pandémie a affecté le bien-être des gens et a augmenté leur niveau de stress. Mais en comparaison internationale, le fardeau psychologique a été moins important qu'ailleurs, de même que la détérioration du sentiment de bien-être.

Selon Christian Huber, le premier auteur de l'étude, plusieurs facteurs peuvent expliquer cette exception helvète. Le niveau du bien-être était déjà plus élevé en Suisse avant la pandémie et les mesures prises pour enrayer la maladie y étaient moins strictes que celles imposées par de nombreux pays, relève le médecin-chef.

Confiance dans les soins

La certitude d'avoir de bons soins à disposition et un système social solide a probablement aussi contribué à diminuer la pression psychologique causée par la pandémie. Le taux de mortalité a également pu jouer un rôle. Le stress induit par le Covid-19 a été le plus fort en Afrique du Sud, au Mexique, en Biélorussie et au Kazakhstan.

Les données récoltées par l'équipe de scientifiques font apparaître des différences entre les régions de la Suisse. Les habitants du Tessin, de la région lémanique et du nord-ouest du pays ont visiblement plus souffert durant le Covid-19 que les habitants du Plateau et de Suisse orientale.

Les mesures pour lutter contre la pandémie n'étaient pas les mêmes d'un canton à l'autre, avance comme explication Christian Huber.

Les gens des agglomérations ont peut-être aussi été plus touchés par la limitation des contacts sociaux et l'annulation des événements culturels que les personnes qui habitent dans des régions moins peuplées. Enfin, les restrictions aux passages des frontières lors de la pandémie ont pu peser sur le moral.

Comme le sondage a été réalisé sur une base volontaire, les données obtenues ne sont pas représentatives. "Mais les résultats de l'étude fournissent néanmoins des indications importantes", estime Christian Huber.

ATS
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