Marie Jay: "La figure de la Barbie cassée m'inspire"
RadioFr. a rencontré la Lausannoise de 24 ans, artiste montante de la pop, à l'occasion de son concert à l'Estivale Open Air mercredi. Interview.

Tu enchaînes les festivals cet été. Comment tu vis cette période?
Je suis trop heureuse. Bien sûr, j'ai toujours le trac, mais c'est le bon trac. C'est surtout beaucoup de joie et d'excitation. Cette année, j'ai la chance d'ouvrir beaucoup de festivals, souvent en début de soirée. Je prends ça comme un vrai challenge.
Justement, ouvrir un festival, c'est une pression supplémentaire?
Au contraire, j'aime bien. Les gens viennent juste d'arriver, certains vont encore chercher à boire, ils ne sont pas encore dans l'ambiance. Mon défi, c'est de créer tout de suite une connexion avec eux, de leur transmettre mon énergie. C'est presque sportif, mais c'est ça qui est stimulant.
Ton nouvel EP "Le rose c'est hasbeen" marque un tournant plus pop. C'était une envie assumée?
Oui, complètement. J'aime voir chacun de mes projets comme un chapitre d'un journal intime… mais un faux journal intime. Je ne raconte pas uniquement ma vie, j'invente aussi beaucoup. "Trottinette" (2024) parlait davantage de l'adolescence. Aujourd'hui, j'avais envie d'aborder le passage à l'âge adulte, le fait de devenir une femme, y compris dans l'industrie musicale. Musicalement, ça passait naturellement par quelque chose de plus pop, plus rapide et plus énergique.
Tu t'inspires autant de ton vécu que de personnages de fiction. Pourquoi ce mélange?
Parce que je trouve ça beaucoup plus intéressant. Je n'ai pas envie de parler uniquement de moi. Je peux évidemment puiser dans mon expérience, mais aussi dans celle de mes proches ou dans des personnages de films. Les histoires de fiction racontent souvent des choses très universelles. Mon objectif, c'est que chaque personne puisse s'approprier une chanson et y retrouver sa propre histoire.
Tu évoques souvent l'image de la "Barbie déchue". Que représente-t-elle?
Je me suis beaucoup intéressée à cette idée de la poupée cassée, de la reine de promo triste qui semble avoir tout réussi mais qui cache une vraie tristesse. Finalement, être élue reine du bal ne veut pas dire grand-chose. Ça signifie simplement qu'on a coché certaines cases. J'avais envie de casser ces codes, autant dans les thèmes que dans la musique. Il y a mille façons d'être une Barbie, et chacun peut être le héros de sa propre histoire.
Le clip de "Oups" est ton premier clip officiel, que tu as aussi réalisé. L'image est-elle aussi importante que la musique?
Oui, énormément. J'ai étudié le cinéma et je suis fascinée par la direction artistique. Pour moi, un univers musical se construit autant avec les chansons qu'avec les images, les clips ou les photos. Certains artistes préfèrent se concentrer uniquement sur la musique, et je respecte totalement cette approche. Moi, j'aime raconter des histoires sous toutes leurs formes. Réaliser ce clip était un rêve, et je voulais garder la main sur toute cette partie artistique.
Tu aimes garder le contrôle de ton univers artistique?
Oui. On attend parfois des artistes qu'ils restent uniquement interprètes. Moi, j'ai envie d'explorer plusieurs facettes de la création et de conserver les rênes de mon univers, que ce soit dans la musique ou dans les images.


