Montagny: Bossy Céréales plus forte, 6 ans après l'incendie

La nouvelle usine aux 26 employés qui produit céréales pour le déjeuner et protéines végétales a été officiellement inaugurée ce mardi.

A Cousset, sur la commune de Montagny, le site a conservé la "tour Bossy", comme la surnomme, sourire aux lèvres, le syndic de Montagny, Jean-Luc Clément: le silo à grains, d'une soixantaine de mètres de haut, un véritable repère dans la région: "C'est un signe géographique qui marque, quand on se promène dans la Broye à vélo ou à pied, on la voit de partout. Même les pilotes de Payerne se repèrent grâce à la tour!"

A côté de cette tour s'élèvent désormais des halles de productions spacieuses, avec à l'intérieur, des machines dernier cri. De quoi produire, en grande quantité, des céréales de petit-déjeuner, mais aussi des protéines végétales qui sont utilisées ensuite comme substituts de viande. Actuellement, ces lieux sont équipés d'un système de détection laser incendie dernière génération. Objectif: éviter de revivre le cauchemar, l'incendie qui avait ravagé une grande partie de l'usine le 20 août 2016.

"C'était terrible", se souvient Simon-Pierre Kerbage, directeur général de Bossy Céréales. "J'étais avec une partie de mes employés en train d'assister au malheureux spectacle. Environ 200 pompiers luttaient contre les flammes." Pourtant, à ce moment-là, Simon-Pierre Kerbage sait qu'il ne va pas baisser les bras: "Je me suis dit: on ne va pas mourir, on va rebondir. On ne sait pas comment on va faire, mais on va le faire."

Production multipliée par 4

Près de six ans après, le pari est réussi. 35 millions de francs de fonds privés ont été investis pour rénover les bâtiments qui pouvaient l'être, et reconstruire les autres. L'usine a été agrandie, la production a redémarré il y a plusieurs mois, et Bossy Céréales est passée à l'échelle industrielle.

Au moment de l'inauguration des locaux, Simon-Pierre Kerbage tient à rappeler les objectifs. Ambitieux: "Nous produisons actuellement 5'000 à 6'000 tonnes par année. Avec les nouvelles machines qui doivent arriver bientôt, les marchés qui sont en train de s'ouvrir à nous, d'ici deux ans, nous visons une production de 20'000 tonnes." Des volumes environ trois fois plus gros qu'avant l'incendie. Des marchandises qui quittent désormais l'usine par camion, et non plus par train, comme c'était le cas avant l'incendie, ce qui n'a pas manqué de susciter quelques inquiétudes auprès des habitants de Montagny.

Substituts de viande, un marché prometteur

Pour pouvoir ainsi monter en puissance, les chaînes de production de Bossy Céréales, entièrement automatisées, vont bientôt fonctionner 24 heures sur 24: l'usine doit passer aux trois-huit d'ici septembre. En plus de la production traditionnelle de farine, de corn-flakes pour le petit-déjeuner, et de muesli, cœur de métier historique de Bossy Céréales, la société broyarde mise désormais sur la fabrication de protéines végétales texturées.

"Les texturés de protéines que nous produisons à partir de soja, de tournesol ou de petits pois sont utilisés ensuite comme ingrédients par l'industrie agro-alimentaire pour faire des recettes à base de boules de viande, steaks hachés et nuggets", explique le directeur opérationnel de la boîte, Marc Folli.

Un marché en plein essor, avec une croissance à deux chiffres ces dernières années. Un marché d'avenir, Marc Folli en tout cas en est convaincu: "C'est une alternative à la viande, c'est une solution pour les futures générations qui seront attentives aux changements climatiques. La production de ces protéines végétales texturées requiert bien moins d'eau que le bœuf, elle dégage moins d'émissions de gaz à effet de serre."

Recrutement en vue

La société compte bien se positionner dans ce domaine, qui doit bientôt représenter 70% du chiffre d'affaires de cette entreprise broyarde. "On veut être une référence au niveau national et international dans la transformation de céréales pour le déjeuner et la production des protéines végétales texturées", informe encore Simon-Pierre Kerbage.

Hasard du calendrier, un premier contrat important débutait ce mardi. Contrat encore confidentiel signé avec une multinationale établie en Europe, selon les responsables de Bossy Céréales, qui ne souhaitaient pas en dire davantage au moment de l'inauguration officielle.

Une inauguration qui coïncide avec les célébrations du 170e anniversaire de la création de l'entreprise Bossy Céréales. En 1852, un premier moulin avait été construit pour collecter le blé des paysans de la région. Aujourd'hui, la société emploie 26 collaborateurs. Et elle recrute: une trentaine d'employés doivent aussi être engagés d'ici un an et demi, de divers profils: ingénieurs agro-alimentaires, meuniers, responsables-qualité, ou encore personnel de ménage.

Voir le reportage entier:

RadioFr. - Maëlle Robert / Noémie Desarzens