On débarque chez vous: Treyvaux
On découvre une commune pleine de vie, le plus gruérien des villages de Sarine et l'une des dernières fonderie de cloches de Suisse.

La commune en 30 secondes
- Habitants: environ 1'660
- District: Sarine
- Particularité: situé à 15 minutes de Fribourg et à 15 minutes de Bulle
- Fierté locale: le dynamisme de ses 16 sociétés locales, dont une fanfare, un ski-club, une jeunesse, une société de gymnastique, un club de pétanque, un choeur d'enfants. Autre fierté culturelle: le théâtre de l'Arbanel.
- Ce que les habitants adorent: les multiples commerces du village. Si des grandes chaînes sont présentes, les petits artisans se font encore leur place. Le boulanger Noël Waeber fabrique sa propre farine avec du blé de la région. La boutique À Terre d'Elles propose une sélection de produits du terroir.
- Ce qui manque: malgré tous ses atouts, Treyvaux n'a pas été épargné par les fermetures et les faillites. Le départ à la retraite du boucher a laissé un vide, aujourd'hui occupé par une fleuriste. La Poste a fermé, tout comme la banque et Favorol Papaux qui a fait faillite en 2020. L'usine employait à une époque près d'un tiers des habitants du village.
- Le truc qu'on ne sait pas: à Treyvaux, on parle le patois gruvérien, le même qu'en Gruyère. La paroisse a longtemps eu des liens étroits avec La Roche et Pont-la-Ville.
Le visage du jour
Sophie Spicher, artisane du cuir et textile, incarne la troisième génération de la sellerie Roulin. Formée dans l'entreprise familiale, elle confectionne les courroies en cuir brodé qui permette de suspendre les cloches. "Tout est fait ici, la cloche est coulée au sous-sol et la courroie est fabriquée à l'atelier au-dessus."
L'endroit à connaître
L'ancienne église de Vers-St-Pierre. Cette bâtisse, dont les premières pierres remontent au 8e siècles, est l'une des églises les plus anciennes du canton. Elle surplombe les falaises de la Sarine à un kilomètre à l’ouest du village.
La légende raconte que le village entourait autrefois ce sanctuaire. Après une vague de peste au XIVème siècles, la population a abandonné le site pour s’installer plus haut. Les habitants ont donc voulu déplacer le lieu saint. Pour connaître la volonté divine, ils décident que saint Pierre désignera lui-même l'emplacement de sa future église. Une statue de St-Pierre est alors fixée sur le dos d'un âne, qui est lâché dans la nature pour désigner un nouvel emplacement. L'animal a marché à sa guise sur plus de deux kilomètres et s'est arrêté plus haut sur la colline, en s'agenouillant. Les villageois y voient immédiatement un signe divin incontestable. C'est précisément à cet endroit qu'ils choisissent d'édifier la nouvelle église paroissiale de Treyvaux. De là vient le surnom qu'on donne aux Treyvaliens: les ânes.
Finalement, la statue a retrouvé son emplacement d'origine, à l'intérieur de la vieille église de Vers-St-Pierre. Intervention divine ou changement d'avis de la population? La légende ne l'explique pas.
Parole aux habitantes et habitants
A peine arrivés dans le village, Jean-Pierre Clerc et toute sa famille nous invite à boire un café sur la terrasse de l'Auberge de la Croix-Blanche. Ce passionné de deux roues fait partie des "Fous du guidon", le Moto-Club local. D'origine, il est de Corpataux, mais l'amour l'a poussé à venir habiter à Treyvaux. Installé depuis bientôt 27 ans, il l'assure "ici on est facilement adopté". Sa voisine Danièle confirme: "quand on y vient, on y reste". Assise juste en face, une autre amie, treyvalienne depuis toujours l'assure: "ce village a une âme".
Qu'en pense la jeune génération? La petite fille de Jean-Pierre se nomme Marina. Elle a 12 ans et va entrer au CO de Marly à la rentrée. Elle nous raconte qu'on peut faire toutes les classes de la 1H à la 8H en restant à Treyvaux. La jeune fille a aussi fait partie des "Grijons", grillons en patois, un choeur d'enfants. Sa maman Joëlle, nous parle également des 48 heures de unihockey de Treyvaux, un tournoi qui dure non stop durant deux jours et deux nuits fin mai, et où les équipes se relaient pour jouer.
Ce que nous retenons de notre journée
On ne fait pas plus heureux que les Treyvaliens! De la terrasse du restaurant aux ateliers de la sellerie, on nous vante l'esprit villageois qui règne encore, la proximité des commerces, la quantité d'associations sportives et culturelles dans le village. A la question de savoir si les habitants se sentent plus sarinois que gruériens, certains répondent "on est le 8ème district!".
Côté sportif, les infrastructures sont impressionnantes, avec plusieurs terrains de foot, une piste Vita, une trentaine de terrains de pétanque et un parc pour faire du VTT, à couper le souffle, même lorsqu'on n'a pas de vélos.


