Notre canton a de bonnes réserves d'eau potable
La mauvaise météo du printemps a permis de recharger les aquifères fribourgeois à des niveaux largement supérieurs à ceux de l'année passée.

Il faut le dire: bien que ce printemps pluvieux ne soit pas recommandé pour le bien-être mental, nos réserves d'eau potable, elles, en sont ravies. Et si les communes de Leytron et Crans Montana en Valais ont déjà imposé des restrictions d'arrosage en prévision de l'été, du côté de Fribourg, pas d'inquiétudes pour l'instant.
"Soyons clairs, la situation aujourd'hui est différente de celle de l'année dernière, souligne Dominique Progin, directeur d'EauSud. On a des précipitations conséquentes ce printemps, tandis qu'en 2022, on était en déficit jusqu'au mois d'août. Nos terrains sont bien humides et nos nappes phréatiques sont rechargées. Elles sont aujourd'hui dans des niveaux largement supérieurs à ceux de l'année passée pour la même période."
Pas de risques pour les nappes
Un printemps pas très généreux en termes de soleil, mais qui permet de ramener nos aquifères à une situation normale. "Nous n'avons pas de soucis à se faire au niveau des quantités d'eau potable dans le canton de Fribourg, rappelle Ruth Merki. Même l'été passé, les restrictions concernaient des utilisations non essentielles comme arroser la pelouse, laver les voitures ou remplir les piscines. Il n'y a eu aucun risque pour l'alimentation humaine ou animale."
Le manque de cumuls de neige peut provoquer des difficultés pour les alpages.
A noter que les communes qui n'ont que des captages d'eau de surface, généralement en altitude, pourraient tout de même être confrontées à une réduction des débits dans le courant de l'été, en raison d'une saison hivernale sèche. "On a eu peu de précipitations cet hiver et ce manque de cumuls de neige peut provoquer des difficultés pour les alpages notamment, précise Dominique Progin. Cela dépendra beaucoup de la suite du printemps et des températures." Les régions alimentées par les nappes phréatiques sont, en principe, moins soumises aux effets météorologiques.
Sensibiliser plutôt que restreindre
Aucune région fribourgeoise ne prévoit donc d'imposer des restrictions, au contraire de la commune valaisanne de Leytron, qui limite l'arrosage des jardins à deux fois par semaine depuis le 1er mai. On préfère sensibiliser la population, rappeler qu'il faut rester économe et ne pas prendre de mauvaises habitudes, comme le souligne Dominique Progin. "Tout est actuellement très vert autour de nous et on s'y habitue. Pour certains, le premier réflexe, s'il commence à faire chaud au mois de juin et qu'on perd ces couleurs, est d'arroser. C'est la chose à ne pas faire."
"N'oublions pas que l'eau est un bien précieux à ne pas gaspiller, insiste encore Ruth Merki. Nous devons préserver nos sources et les utiliser à bon escient."


