Soucis financiers pour Elfic: "La situation s'est améliorée"
Dix jours après les révélations sur les difficultés financières d’Elfic Fribourg, son directeur technique Cédric Allemann détaille les solutions mises en place.
Elfic Fribourg traverse une zone de turbulence financière, comme le révélait La Liberté la semaine dernière. Le club s'est retrouvé dans le rouge ces derniers mois, incapable d'honorer plusieurs factures — loyers de joueuses, licences de juniors — et contraint de laisser son entraîneur Romain Gaspoz au chômage faute de liquidités pour prolonger son contrat. La dette du club s'élève à environ 145'000 francs. Cédric Allemann, directeur technique du club, a répondu mercredi aux questions de La Télé.
Comment la situation financière du club a-t-elle évolué depuis la parution de l’article?
Cédric Allemann: Oui, elle a plutôt évolué positivement aujourd’hui. Un gros travail a été fait pour éponger les dettes ou les pertes qu’il y a eu ces dernières saisons. Aujourd’hui, nous avons payé une bonne partie des fournisseurs. Et j’ose croire qu’à la fin de l’été, au mois d’août, nous aurons payé les gens qui nous ont fait confiance.
Comment cela a-t-il été possible?
Grâce à une belle aide des autorités, des cantons, des partenaires, à des abandons de créances et à nos fournisseurs qui ont été patients. Cela fait beaucoup de bien et beaucoup de plaisir d’avoir eu ce soutien.
Comment qualifieriez-vous la situation aujourd’hui ?
Aujourd’hui, elle est bonne. Très bonne même. Il y a dix jours, c’était un peu plus tendu, pour être honnête. Mais nous avions une perspective. Nous avons travaillé tout l’hiver pour trouver de l’aide auprès de nos partenaires, des autorités et des sponsors. Nous avons eu un retour très positif des gens, y compris de personnes anonymes. J’ai reçu des appels de personnes proches du club qui voulaient nous apporter leur soutien. Franchement, cela fait beaucoup de bien.
Le club a beaucoup grandi ces dernières années. Est-il arrivé à un tournant?
Le club s’est développé très vite. À un moment donné, nous avons eu beaucoup d’équipes. Nous avons doublé le nombre d’équipes de jeunes. Nous avons trois équipes en ligue nationale. Le développement a aussi concerné le centre de formation et les équipes de jeunes. Mais tout cela s’est fait avec toujours la même équipe dirigeante. Il faut suivre. Certaines charges ou certaines situations ont peut-être été sous-estimées. Nous l’assumons, et nous l’avons assumé jusqu’à aujourd’hui. C’est un peu la fin de l’amateurisme. Nous devons trouver des solutions pour avoir une structure professionnelle et une gestion plus pointue, plus régulière.
Une gestion reposant sur un comité de trois à cinq personnes est-elle encore viable?
C’est toujours viable. Mais je pense qu’il faut un peu d’aide. Le comité peut gérer la stratégie, la recherche de partenaires, la recherche de fonds et la ligne directrice du club. En revanche, il ne peut pas gérer toutes les petites choses du quotidien. C’est parfois ce que nous avons été amenés à faire, et c’est ce que nous essayons de corriger.
Comment allez-vous procéder?
En termes de gestion, nous allons reprendre cela avec quelqu’un qui sera mandaté pour poursuivre ce travail.
Il est aussi question d’un rapprochement avec Fribourg Olympic et l’Académie. Cette idée vous séduit-elle ?
Oui, elle me séduit. C’est franchement une des premières fois où nous avons eu un très bon feeling avec les dirigeants de Fribourg Olympic. Nous avons eu des discussions intéressantes et des visions communes. Je crois que nous sommes des gens qui font les choses et qui ont envie de les faire. Nous ne passons pas cinq ans à faire des PowerPoint. Je pense que c’est une bonne chose pour pérenniser l’ensemble des clubs fribourgeois et surtout les centres de formation féminin et masculin. Cela a du sens.
Ce rapprochement peut-il être la lumière au bout du tunnel?
Non. Nous allons d’abord sortir de cette situation. Nous ne voulions pas arriver dans une situation où Olympiv devrait mettre de l’argent ou où il faudrait procéder à des baisses de budget flagrantes pour la première équipe. Nous voulions nettoyer la situation, la mettre en ordre afin d’avoir une discussion saine, d’égal à égal, avec Fribourg Olympic.


