Produits sucrés aux caisses: un marketing qui interroge
Les caisses sont occupées par des produits peu adaptés aux enfants; une enquête réalisée en 2025 par la FRC analyse le phénomène en Suisse romande.

Depuis 2011, la présence de produits alimentaires sucrés à proximité des caisses alimente les débats publics et politiques. Une enquête de la FRC a analysé plus de 2500 denrées situées à ces emplacements stratégiques. Au total, 331 caisses ont été observées dans 30 supermarchés de Suisse romande, dont une majorité à Genève.
Les résultats montrent que, dans l’écrasante majorité des cas, ces espaces sont occupés par des produits ciblant directement les plus jeunes. Emballages colorés, mascottes souriantes, animaux ou personnages fictifs immédiatement reconnaissables: tout est conçu pour capter l’attention des enfants et susciter l’envie.
Une tendance préoccupante
Juliette Yvanez, responsable alimentation à la FRC, alerte sur les enjeux de santé publique: "À Genève, 18 % des enfants dès 5-6 ans sont en surpoids. Chez les adultes, au niveau suisse, les personnes en surpoids ou obèses représentent 43 % de la population."
Selon les critères de l’OMS, 99% des aliments pour enfants vendus aux caisses sont déconseillés en raison de leur faible qualité nutritionnelle et de leur forte teneur en sucre, en graisses et en sel. L’enquête révèle également que plus de 93% des produits présents à ces emplacements sont ultratransformés.
La caisse constitue par ailleurs un lieu clé pour les achats impulsifs. Les produits qui y sont proposés sont généralement de petite taille et destinés à une consommation immédiate, ce qui renforce leur attrait.
Des alternatives rares
Des évolutions existent toutefois. Certains magasins proposent désormais des compotes, des noix ou des fruits secs en remplacement des produits traditionnels.
Juliette Yvanez nuance:" L’objectif d’une enquête comme celle-ci est d’appeler à un changement de pratique de la part des distributeurs. Nous les invitons à faire évoluer l’assortiment aux caisses. La responsabilité ne peut pas reposer uniquement sur les consommateurs." Des alternatives qui restent, pour l’heure, encore minoritaires.


