Un comité du non à l'initiative "Sauvez les Laviaux"

Le comité du non juge l'initiative "Pour la sauvegarde du lac de la Gruyère" inadaptée et rigide, craignant qu'elle bloque même des projets modestes.

La population cantonale aura le dernier mot le 28 septembre. © Frapp

L'initiative "Pour la sauvegarde du lac de la Gruyère et de ses rives" constitue une "réponse inadaptée à la nécessité de préserver le site", estime le comité du non en vue de la votation du 28 septembre à Fribourg. Selon lui, elle est "inutile sur le plan de la protection et risque de bloquer tout projet, même modeste".

"Le lac de la Gruyère est un joyau paysager et un patrimoine naturel important pour tout le canton", a indiqué jeudi à La Roche le comité du non à l’initiative constitutionnelle "Sauvez les Laviaux". A leurs yeux, il convient de "protéger le lac sans le figer", à l'instar des arguments du Conseil d'Etat présentés la semaine passée.



Personne ne conteste donc la nécessité de le préserver parmi les membres du comité "lac pour tous", qui comprend des élus du PS, du Centre, du PLR et de l'UDC. "Le lieu est déjà couvert par un arsenal légal solide: la loi fédérale sur l’aménagement du territoire et les lois cantonales sur la nature et le paysage.

Dangereux précédent

Sans compter le Plan directeur cantonal, qui classe le site parmi les paysages d’importance cantonale, et le Plan directeur régional de la Gruyère, qui contient une fiche spécifique pour les rives. "Des réserves naturelles et des espaces réservés aux eaux s’y ajoutent", a dit Alexandre Vonlanthen, président du comité et du PLR fribourgeois ainsi que député.

"Des outils qui ont déjà prouvé leur efficacité: le projet de vague artificielle Goya Onda a été abandonné précisément grâce aux règles existantes". Au-delà, la Constitution cantonale fixe des principes généraux. "Y inscrire la protection d’un site particulier créerait une exception et un précédent dangereux", a averti le comité.

Loin d’être "souple", le texte constitutionnel est juridiquement rigide, estiment encore les opposants. "Il pourrait être invoqué pour bloquer des projets utiles et raisonnables comme la création de sentiers pédestres, l’aménagement d’accès sécurisés au lac, des infrastructures de mobilité douce ou de petites zones de détente".

Outil légitime

Pour sa part, le comité d’initiative "Sauvez les Laviaux" a lancé sa campagne la semaine dernière. "Notre lac, notre Constitution, notre avenir": la Constitution est l’outil légitime pour "consacrer ce choix", ont fait savoir alors ses membres, dont le député PVL Daniel Savary.



Selon les initiants, "Lavaux, dans le canton de Vaud, en est l’exemple: protégé depuis 1973 sans chaos juridique". Le comité a appelé à un débat "digne et respectueux" et déploré "les méthodes de certains opposants, qui ont placardé des bâches avec la mention 'Fermeture du sentier - Conséquence probable de l’initiative'".

Le 10 octobre dernier, les députés avaient rejeté l'initiative constitutionnelle, sans lui opposer de contre-projet, par 79 voix contre 4 et 14 abstentions. Pour mémoire, elle a été déposée antérieurement à la Chancellerie d'Etat munie de 9378 signatures, dont 9249 valables, alors que 6000 étaient requises.

ATS
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