"Un regard d’historien ne changera rien du tout!"

Le projet qui doit faire la lumière sur des cas d'abus sexuels dans l'Eglise n'est pas suffisant, selon un groupe de soutien aux victimes.

C'est la première fois que les trois institutions les plus importantes de l'Eglise catholique romaine de Suisse s'unissent sur les cas d'abus. © KEYSTONE

L'Eglise catholique suisse veut faire la lumière sur des cas d'abus sexuels perpétrés par des religieux au 20e siècle. Le projet pilote présenté lundi par la Conférence des évêques suisses déçoit pourtant le groupe de soutien aux personnes abusées dans une relation d'autorité religieuse (SAPEC).

"Je salue l’arrivée de cette recherche, mais il y a beaucoup de choses qui m’indignent. La première, c’est la lenteur avec laquelle cette recherche se met en place", souffle Selon Marie-Jo Aeby, vice-présidente de l'organisation. "Cette étude préliminaire va durer une année. Et que saura-t-on au bout de ce laps de temps? Simplement comment faire une recherche. Et ce n’est pas sérieux!"

Deux professeures du département d’histoire de l’Université de Zurich vont diriger le projet. Un comité scientifique indépendant de six personnes, nommé par la Société suisse d’histoire, conseillera et soutiendra les chercheuses. "On ne va donc pas avoir affaire à une vraie équipe pluridisciplinaire", s'exclame encore Marie-Jo Aeby. "L'histoire, c'est surtout l'étude du passé. Et ce n'est pas un regard d'historien qui changera quoi que ce soit." Les résultats du projet pilote doivent pour leur part être publiés à l'automne 2023.

RadioFr. - Delphine Bulliard / Adaptation web: Luca Poli
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