Valentin Guillod: trois ans pour briller aux États-Unis

Après 30 ans de motocross, Valentin Guillod poursuit son rêve américain, malgré une saison difficile.

Le Fribourgeois revient sur ses ambitions malgré une dernière saison difficile. © Keystone

Pilote de motocross depuis l’enfance, Valentin Guillod a déjà sillonné les circuits suisses, européens et mondiaux. À 33 ans, le pilote originaire de Môtier a même réalisé l’un de ses rêves en participant au Supercross américain, dans des stades pouvant accueillir des dizaines de milliers de spectateurs. Mais après une saison éprouvante aux États-Unis, il n’a pas l’intention de raccrocher le casque.

Entre une blessure aux vertèbres, une préparation perturbée et un surentraînement qui a pesé sur ses performances, le Fribourgeois a dû composer avec plusieurs difficultés. Désormais tourné vers 2027, il veut se concentrer sur le motocross et retrouver les avant-postes. Au micro de Radio Fribourg, il revient sur les enseignements de cette saison, les exigences du sport de haut niveau et les trois années qu’il souhaite encore consacrer à sa carrière.

L'interview de Valentin Guillod 

Radio Fr.: Vous avez pratiquement tout essayé dans votre carrière, du championnat de Suisse au championnat du monde. Cette année, vous avez même réalisé votre rêve de participer au Supercross américain. Qu’est-ce qui vous motive encore à continuer?

Valentin Guillod: J’ai vraiment fait tout ce que je voulais faire. Mais ce n’est pas encore fini! Il y a encore des choses que j’ai envie de faire, surtout en termes de résultats. J’ai commencé la moto en 1996, donc c’est ma 30e saison de motocross. C’est un peu fou! Le corps a pris quelques chocs, mais je suis toujours motivé à faire de beaux résultats.

Vous avez participé au Supercross en début d’année, avant d’enchaîner avec le championnat de motocross aux États-Unis. Quel bilan tirez-vous de cette saison?

Je pensais faire beaucoup mieux. En Supercross, j’ai réussi à me qualifier pour des finales, mais je suis tombé deux fois en course et je me suis blessé. Je me suis notamment cassé trois vertèbres. J’ai eu beaucoup de chance, car cela aurait pu être bien plus grave. Je me suis remis de cette blessure, mais je n’ai pas eu suffisamment de temps pour préparer la saison de motocross qui commençait à la fin mai.

À un moment, la corde a cassé: je n’avais tout simplement plus de jus.

Vous expliquez aussi avoir souffert de surentraînement en fin de saison. Comment en êtes-vous arrivé là?

Je n’avais pas assez d’heures d’entraînement ni de temps pour mettre la moto au point. J’ai donc couru après le temps perdu toute la saison. À partir du début août, j’étais en surentraînement. En Floride, où j’habite, il fait entre 30 et 38 degrés avec beaucoup d’humidité. Avec le recul, je pense que j’ai mal géré la déshydratation et l’accumulation de fatigue. À un moment, la corde a cassé: je n’avais tout simplement plus de jus. Je pouvais encore rouler grâce à mon talent, mais je n’avais plus la force de me battre pour dépasser ou défendre ma place.

Malgré ces difficultés, vous ne considérez pas cette saison comme une année à oublier. Qu’en retenez-vous?

Le plus important, c’est de comprendre ce qui s’est passé et d’en tirer des leçons, même après 30 ans de motocross. Je dois notamment mieux gérer les conditions climatiques dans lesquelles je m’entraîne et reprendre certaines bases. Quand on essaie de compenser le temps perdu en en faisant toujours plus, cela peut finir par se retourner contre soi. L’objectif est de faire mieux en 2027.

Justement, vous retournerez aux États-Unis en 2027, mais vous allez abandonner le Supercross pour vous concentrer sur le motocross. Pourquoi ce choix?

Je n’ai aucun regret concernant le Supercross. J’ai réalisé un rêve de gosse et je l’ai fait. Maintenant, j’ai envie de me concentrer sur une discipline dans laquelle je suis vraiment bon: le motocross. Mon objectif serait de terminer entre la sixième et la dixième place chaque week-end. Ce serait une super saison! J’ai encore trois ans de visa aux États-Unis, donc je veux me donner à 100% pendant cette période. Après, on verra.

Vous approchez des 34 ans et vous avez déjà 30 saisons de motocross derrière vous. Est-ce que l’après-carrière commence à vous préoccuper?

Pas vraiment. Beaucoup de gens me demandent ce que je veux faire après, mais si je commence déjà à y réfléchir, autant arrêter maintenant! Je préfère me concentrer sur ce que je fais aujourd’hui. Depuis quelque temps, je me dis surtout que je n’ai pas envie d’avoir de regrets quand tout sera terminé. Je veux tout faire pour que ça marche et pouvoir regarder derrière moi en me disant que j’ai tout donné. C’est ce que je souhaite à tout le monde à la fin d’une expérience: ne pas avoir de regrets.

Ecoutez l'intégralité de l'interview de Valentin Guillod dans Ici, c'est Fribourg:

RadioFr. - Marie Ceriani
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