Vendanges: une récolte précoce et prometteuse dans le Vully

Les vignerons fribourgeois ont dû faire preuve de flexibilité suite à la canicule. Ils devront aussi adapter leur manière de travailler.

Les vignes du domaine Chervet surplombent le lac de Morat. © RadioFr.

"Si mon grand-père savait qu’on vendangeait le Freiburger le 1er septembre, il nous prendrait pour des fous!" Florian Chervet, 6e génération du domaine, est catégorique: l’été qui vient de passer a été hors norme et cela a eu des conséquences sur les vignes détenues par sa famille.

"On s’attendait à ce que cela aille rapidement, mais ça a été encore plus rapide que prévu", explique le Lacois. Rapidement, les taux de sucre, d’acidité et la maturité des raisins n’ont laissé aucun doute: il fallait lancer les vendanges.

Une organisation express

Il a alors fallu s’organiser, notamment pour trouver des travailleurs. "On a eu beaucoup de chance. Au départ, on avait prévu de faire venir les vendangeurs autour du 1er septembre, voire le 7 septembre pour le début des vendanges. La plupart ont fait preuve d’une grande flexibilité et ont réussi à venir plus vite." Au total, une vingtaine de personnes sont mobilisées durant cette période.

Le vin sera bon dans cette fenêtre, mais au-delà, il peut y avoir trop d’alcool et un déséquilibre.

Du coup, on s’active dans les 15 hectares du domaine. Il faut couper les grappes, les mettre dans des caisses qui seront ensuite acheminées à la cave. Le temps presse, car pour certains cépages, la fenêtre de vendange est courte. "Le vin sera bon dans cette fenêtre, mais au-delà, il peut y avoir trop d’alcool et un déséquilibre", explique Florian Chervet.

Les impacts de la canicule

Si les vendanges ont été impactées par la canicule, le travail qui suit le sera aussi en raison de la petite taille des raisins. Le rapport entre la peau, les pépins et le jus est différent des autres années. Cela peut notamment avoir un impact lorsqu’on fait macérer les raisins, sur l’extraction des différents tanins et autres composés.

Les grappes de Freiburger sont prêtes à être récoltées.

Au final, le vigneron s’attend tout de même à un excellent millésime 2026, malgré des quantités qui pourraient être un peu plus faibles. Enfin, la canicule n’a pas forcément eu d’impact financier sur la cave. "C’est difficile à chiffrer. On a eu moins de travail pour la fauche de l’herbe, mais davantage d’arrosage et d’autres interventions. Au final, cela s’équilibre et nous avons autant de travail qu’une année normale", conclut Florian Chervet.

RadioFr. - Léo Martinetti
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