Zoë Më: "C'est un rêve, mais ce n'est pas toujours facile"
En collaboration avec Stephan Eicher, l'artiste fribourgeoise sort un nouveau single "Valse à Demi" et va chanter à l'Olympia de Paris.
RadioFr.: La dernière nouveauté, c'est votre single Valse à demi, en duo avec Stephan Eicher. Qu'est-ce qu'elle raconte cette chanson Zoë?
Zoë Më: C'est une chanson que j'ai écrite chez moi seule sur le piano en pensant à ma grand-mère. La chanson raconte l'histoire d'un couple qui danse ensemble toute une vie, et, tout à coup, l'une des deux personnes n'est plus là. L'autre personne continue la valse toute seule. Stephan Eicher chante du point de vue de la personne qui reste dans ce monde, qui se rappelle de son amoureux. Et moi je chante comme une mémoire qui revient d'une autre dimension, pour lui dire je suis toujours là et que je resterai avec lui.
Comment s'est passé la collaboration avec Stephan Eicher?
Comme c'est une histoire qui raconte une danse entre un couple, je me suis dit qu'il fallait que ce soit un duo. Stephan, c'était la personne parfaite. C'est vraiment le grand chansonnier suisse!
Mais je pensais qu'il n'allait jamais accepter. Mais des fois il faut rêver... Je lui ai juste envoyé la chanson. Il m'a répondu: "merci de m'inviter à danser avec toi! Ce sera un grand plaisir".
Dans les commentaires sur YouTube, on peut déjà lire: "enfin un duo entre mes deux chouchous suisse préférés". Vous vous sentez un peu la chouchou des Suisses?
Je n'ai pas vu ce commentaire, mais c'est très touchant! Je me sens très soutenue par la Suisse. Déjà pendant l'Eurovision, j'ai trouvé qu'il y avait un grand soutien.
Et même maintenant, quand je fais mes concerts, les gens viennent de partout! Des Lausannois qui viennent me voir à Zurich, des Bâlois qui viennent à Fribourg.
Pas plus tard que demain soir, vous allez vous produire à l'Olympia à Paris en première partie de Stéphane Aicher, vous vous réjouissez?
Je me réjouis beaucoup, c'est fou! Déjà parce que ce sera ma première date à Paris, et puis de me dire que cette première sera avec Stephan Eicher, en plus à l'Olympia de Paris... C'est fou! Je pense que je n'ai pas encore vraiment réalisé, je réaliserai peut-être demain quand je verrai les lettres rouges devant la salle
Vous partez à la conquête du public français, les Français vous connaissent déjà?
Je pense qu'il y a des Français qui me connaissent grâce à Voyage, l'Eurovision, mais sinon je n'ai pas encore vraiment mis le pied en France. J'espère qu'ils vont apprécier... J'ai un petit accent et ne suis pas francophone de base, mais j'ai un grand amour pour cette langue, pour cette culture, donc j'espère qu'ils vont aimer.
Qu'est-ce qui s'est passé pour vous depuis le mois de mai, depuis l'Eurovision?
J'ai beaucoup travaillé, donc je suis rentrée, j'ai directement écrit les arrangements pour mes cordes pour les festivals. Ensuite, j'ai sorti un EP qui s'appelle Loup Garou en automne avec six titres. J'ai fait une tournée en automne... Et maintenant, je sors une chanson avec Stephan Eicher et puis je vais à Paris, je vais à Berlin pour faire des concerts et je joue aussi à Berne et Zurich en mars.
Ce titre, Voyage, qui a quand même 18 millions de vues sur Spotify, vous l'avez trop entendu?
C'est vraiment drôle parce que je l'ai beaucoup entendue, je l'ai aussi beaucoup chantée, mais je n'en ai pas du tout marre. Je dis souvent que c'est devenu la chanson de mon public. Maintenant, quand je fais un concert et je la chante, je vois dans les yeux de mon public que c'est leur chanson.
En plus, vous êtes nominée dans la catégorie Best Breaking Act, donc meilleure révélation aux côtés d'un rappeur et d'un groupe suisse-allemand. Vous avez quand même vos chances de gagner?
Comme on l'a vu à l'Eurovision, je n'ai pas vraiment beaucoup de chance avec le vote du public (rires). Le jury m'aime bien, mais le vote du public, c'est un peu compliqué, en tout cas à l'étranger... C'est vrai qu'ici pour les Swiss Music Awards, c'est le public suisse qui pourra voter.
Dernière question, Zoë Më, est-ce que vous êtes en train de vivre votre rêve aujourd'hui ?
Oui, on pourrait dire que je suis en train de vivre mon rêve. C'est une grande chance. Après, ce n'est pas toujours facile. Il ne faut pas mentir, faire de la musique, c'est quand même beaucoup de travail, émotionnel, mais aussi vraiment du travail physique. Mais c'est un rêve, donc je vais continuer.


