"C'est une bataille contre le temps que nous livrons"

L'organisme ORS Fribourg s'organise pour pouvoir accueillir les réfugiés ukrainiens dans les meilleures conditions.

Des réfugiés ukrainiens fuyant la guerre traversent en bus la frontière à hauteur de Medyka. © KEYSTONE

Depuis le début de la guerre en Ukraine, plus de 200 familles fribourgeoises se sont portées volontaires pour accueillir des réfugiés, principalement des femmes et des enfants. Désormais, c'est ORS Fribourg, une structure qui s'occupe habituellement de l'accueil, de l'encadrement et de l'hébergement des requérants d'asile, qui fait le lien entre les Ukrainiens et les familles d'accueil. L'organisation est sous pression.

"D'habitude, les collaborateurs d'ORS rencontrent individuellement chaque famille pour discuter du projet d'accueil, pour répondre à leurs interrogations", explique Claude Gumy, directeur opérationnel. Mais là, pas le temps pour ces formalités, il y a urgence: le contact avec les familles d'accueil se fait par téléphone seulement.

Prévenu la veille

Tout peut aller très vite, selon Claude Gumy: "On peut apprendre qu'une famille arrive en train, de Vienne, le lendemain, ou le surlendemain par exemple. On peut prévenir des familles qui s'apprêtaient à partir en week-end." Difficile d'anticiper l'arrivée de réfugiés de guerre. Ils peuvent être là à tout moment, à pied, en train, en voiture - conduit par des Fribourgeois qui ont fait le trajet jusqu'à la frontière polonaise - après être passés par des centres d'asile fédéraux comme celui de Boudry (NE).

Alors, pour faire face à la crise et à ces incertitudes, ORS Fribourg s'est réorganisé. Certains employés ont reporté leurs vacances, d'autres ont augmenté leur taux de travail. "On a vraiment besoin de forces", souligne son directeur opérationnel. "On mène une véritable bataille contre le temps pour accueillir les familles ukrainiennes dans les meilleures conditions."

Accueil pendant 3 mois

Les Fribourgeois qui se proposent comme familles d'accueil doivent être prêts à accueillir les réfugiés pendant trois mois. Ils doivent être prêts à être confrontés à certaines difficultés. "Les Ukrainiens qui arrivent sont angoissés, parfois traumatisés, les familles ont souvent un proche resté sur place, au combat, c'est parfois lourd. Il faut aussi pouvoir respecter leur intimité", reprend Claude Gumy.

Au quotidien, les familles d'accueil reçoivent 150 francs par mois et par adulte hébergé. Un défraiement pour le paiement des charges comme l'eau ou l'électricité. Actuellement, une trentaine d'Ukrainiens sont ainsi logés chez des particuliers, comme la famille Tereshkova qui a trouvé refuge à Pensier, chez le retraité Armin Schöni. Ce vendredi, une vingtaine de nouveaux réfugiés doivent arriver dans le canton

Le canton de Fribourg s'organise aussi pour adapter les structures d'accueil collectives à l'arrivée de ces réfugiés. Ainsi, selon la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS), des réfugiés ukrainiens pourraient être accueillis dans l'un des cinq foyers du canton de Fribourg qui hébergent d'habitude des requérants d'asile. Rien n'est encore tranché pour l'instant.

RadioFr. - Maëlle Robert
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