Des serviettes hygiéniques en libre-accès à Fribourg ?

De plus en plus d'élus et surtout d'élues mettent cette proposition sur la table. Lundi, la demande a été faite au Conseil général de Fribourg.

Au mois de décembre, c'était au niveau cantonal que deux députées interpelaient le gouvernement fribourgeois sur la mise à disposition de protections hygiéniques dans les écoles ou les centres sportifs. A peu près au même moment, la même idée était soulevée au niveau suisse par la conseillère nationale verte vaudoise Léonore Porchet. Le Conseil Fédéral devra se pencher sur le dossier.

Ce lundi soir, au Conseil général de Fribourg, le postulat a été largement adopté. Une "victoire" selon la conseillère générale verte Fabienne Menétrey, à l'origine du texte. "Je suis ravie, je dois dire que j'étais un peu émue quand j'ai défendu le postulat, parce que c'est un sujet qui me tient à coeur depuis longtemps", explique l'élue qui est aussi enseigante. "J'avais ma classe en face des toilettes, j'ai vu à quel point c'était parfois compliqué d'être une jeune fille, certaines n'osaient pas parler de leurs règles", ajoute-t-elle.

"Cela évite que des femmes volent des tampons dans les magasins"

La forme concrète que pourrait prendre la mesure n'est pas encore définie: faut-il opter pour des paniers ou plutôt des distributeurs de protections hygiéniques qui seraient disposés dans les établissements scolaires ou les vestiaires des stades par exemple? La distribution devrait plutôt se faire via les infirmières scolaires? Ces articles devraient-ils être gratuits ou mis à disposition à un prix réduit? Les auteurs du postulat ne le précisent pas.

Maintenant que le postulat a été adopté au législatif, c'est le Conseil communal qui devra étudier les possibilités et l'opportunité de mettre en place cette mesure en ville de Fribourg. Il dispose pour cela d'un an.

Une véritable demande

L'élue Fabienne Menétrey espère vraiment que les choses bougent. Selon elle, il y a un vrai besoin dans le canton. Avant de déposer le postulat, le groupe des Verts s'est renseigné sur ce qui se faisait déjà en allant voir des associations du canton, notamment des organisations qui accueillent des migrants ou l'association Espace Femmes.

"L'équipe d'Espace femmes met à disposition des protections menstruelles pour les femmes. La direction nous a clairement dit que les dizaines de tampons et de serviettes disparaissaient très vite, en un ou deux mois. Il y a une véritable demande de la part des femmes", raconte la conseillère générale verte.

"Cette mesure éviterait que les jeunes femmes en grande précarité volent des tampons dans des magasins car elles n'ont pas les moyens et ont honte de demander ces protections. Ce sont des témoignages que nous avons entendus," poursuit-elle, avant de conclure: "c'est surtout pour ces femmes qu'on a écrit et déposé ce postulat."

RadioFr. - Maëlle Robert / sc