Les psychologues fribourgeois face à un afflux de demandes

Les appels à la hotline du réseau de santé mentale ont doublé. Le délai d'attente pour une consultation en cabinet s'est aussi allongé.

Les consultations en pédopsychiatrie sont notamment en hausse dans le canton. © KEYSTONE

La deuxième vague de la pandémie a encore accru la charge psychique pesant sur la population. La Fédération suisse des psychologues lance un cri d'alarme. Elle a mené une enquête auprès de 1700 psychologues en Suisse. Près de 90% d'entre eux indiquent que la situation s'est aggravée pour leurs patients pendant la pandémie, et que certains ont développé de nouveaux troubles.

Mais pire encore: ceux qui franchissent le pas décident d'aller voir un psychologue sont parfois recalés. Toujours selon le même sondage, deux tiers des psychothérapeutes en Suisse expliquent devoir refuser régulièrement des patients, par manque de temps.

Hausse des appels liés à la détresse psychologique

L'association fribourgeoise des psychologues nous a indiqué que le canton n'est pas épargné par cette problématique. Un phénomène qui se reflète aussi avec le nombre d'appels reçus à la hotline du Réseau fribourgeois de santé mentale. Leur nombre a plus que doublé entre janvier 2020 et janvier 2021: on est passé de 900 à 2000 environ. "On a vraiment un spectre large qui va des personnes dans une détresse extrême aux personnes qui souffrent de troubles du sommeil, d'anxieté, d'humeur dépressive", explique, Loris Grandjean, co-président de l'association fribourgeoise des psychologues. 

S'il n'y a pas un profil-type des personnes qui souffrent de cette crise, pour Loris Grandjean, les jeunes sont quand même particulièrement affectés par la situation. Dans le canton de Fribourg, les demandes de prise en charge en pédopsychiatrie sont en forte hausse. "La tranche d'âge 25-30 ans est touchée de plein fouet. C'est une période difficile pour ces gens, beaucoup de choses sont remises en cause à un moment où on construit son identité. Le fait de ne pas pouvoir se projeter et s'orienter est un grand facteur de stress", détaille Loris Grandjean.

Plus de 6 mois d'attente

Quand bien même certaines personnes veulent aller consulter un psychologue, elles ne peuvent pas le faire, faute de place. "Dans les zones rurales et lorsque des enfants et des adolescents sont concernés, less patients ont dû parfois attendre jusqu’à six mois pour obtenir une place de thérapie", indique Yvik Adler, co-présidente de la Fédération suisse des psychologues.

À Fribourg, comme en Suisse, le milieu pointe du doigt un autre problème, financier cette fois, car de nombreuses personnes renoncent à aller voir un professionnel, car cela coûte souvent cher. Aujourd'hui, les consultations sont remboursées par l'assurance-maladie uniquement si le thérapeute travaille dans le cabinet d'un psychiatre. Un état de fait qui pose problème selon Loris Grandjean:

Toujours selon le co-président de l'association fribourgeoise des psychologues, "une personne qui ne peut pas être prise en charge à temps, c'est le risque de déboucher sur quelque chose de plus grave, avec des répercussions qui commencent maintenant, mais qui pourraient s'étendre sur des mois, voire des années".

RadioFr. - Mehdi Piccand / Loïc Schorderet
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