Natel à l'école: Fribourg pionnier, mais pas le plus strict
Avec une interdiction en place depuis 2016, Fribourg fait figure de précurseur en Romandie. Mais le canton se montre plus souple, notamment pendant les pauses.

Le canton de Fribourg n'a pas attendu la vague actuelle pour agir. Depuis 2016, l'article 66 de la loi cantonale est formel: les téléphones portables privés sont interdits en classe. "Depuis près de 10 ans, c'est clair, le portable privé est interdit en classe", rappelle Marianne Meyer-Genilloud, porte-parole de la Direction de la formation et des affaires culturelles (DFAC). "Les élèves doivent éteindre leur téléphone et le laisser dans leur sac."
Cette longueur d'avance place Fribourg en pionnier de la lutte contre les distractions numériques à l'école. Mais contrairement à d'autres cantons qui se montrent aujourd'hui plus radicaux, Fribourg a opté pour une approche sans contrôle systématique, ni sanctions fermes en cas de débordement. L'école peut confisquer l'appareil, mais uniquement pendant le temps scolaire.
Auparavant, le règlement scolaire autorisait les écoles à conserver les natels confisqués, y compris la nuit et les week-ends. En avril 2024, une décision du tribunal cantonal a obligé la DFAC a changé ses pratiques. Les élèves peuvent maintenant récupérer leur téléphone une fois les cours terminés. La sanction peut toutefois durer jusqu'à deux semaines.
Une tolérance fribourgeoise
Alors que Genève, Neuchâtel et le Valais viennent d'interdire complètement les téléphones dans l'enceinte scolaire - y compris pendant les pauses - Fribourg reste plus permissif. En dehors des cours, chaque établissement fait sa propre loi.
Cette liberté laissée aux directions crée une mosaïque de situations. Le Cycle d'orientation du Gibloux a par exemple choisi la ligne dure: téléphone interdit même pendant les pauses. D'autres établissements se montrent plus souples, autorisant parfois l'usage avec l'accord des enseignants ou pour certains cours spécifiques.
Une motion pour durcir la loi
Cette situation pourrait bientôt évoluer. Une motion déposée en juin dernier propose d'aligner Fribourg sur les pratiques les plus strictes. L'objectif: interdire l'usage du téléphone dès l'entrée dans le bâtiment, y compris lors des activités hors site.
La mesure viserait d'abord les élèves du cycle d'orientation, avec une possible extension au secondaire 2 et aux écoles professionnelles. Des exceptions précises resteraient possibles pour des raisons pédagogiques ou en cas d'urgence, avec l'accord des enseignants.