Le ministre Philippe Demierre visé pour discrimination
Le collectif Solidarité Palestine accuse le conseiller d'Etat fribourgeois et son parti, l'UDC, de discrimination raciale après des propos concernant l'accueil d'un enfant de Gaza.

L'association a envoyé vendredi une dénonciation pénale au Ministère public fribourgeois concernant des propos du conseiller d'État Philippe Demierre et de son parti, l'UDC, parus dans "La Liberté" en novembre. Ces déclarations intervenaient dans le cadre de l'accueil d'enfants blessés de Gaza pour les soigner en Suisse. Après avoir d'abord refusé de participer à l'opération, le Conseil d'Etat fribourgeois avait finalement changé d'avis. Une affaire très commentée, l'automne dernier.
Dans leur viseur de Solidarité Palestine: une citation de l'actuel président du gouvernement fribourgeois, qui se disait rassuré parce que les accompagnants de l'enfant blessé de Gaza accueilli à l'HFR ne faisaient pas partie du Hamas. "Nous avons appris que l'Etat d'Israël contrôle les arrivées et garantit que ces personnes ne font pas partie du Hamas", avait-il déclaré dans le journal.
"Cette formulation implique que des personnes palestiniennes, pourtant victimes d’un génocide et en situation de vulnérabilité extrême, seraient par défaut suspectées de terrorisme et que leur « non-dangerosité » devrait être attestée par l’Etat qui les persécute", dénonce Solidarité Palestine dans un communiqué de presse, dimanche.
"Risque énorme pour la sécurité"
Quelques jours plus tôt, l'UDC avait notamment déclaré que "cette action représente un risque énorme pour la sécurité, d'autant plus qu'il n'est pas possible de faire la distinction entre les terroristes du Hamas et la population civile à Gaza".
Le collectif Solidarité Palestine, une association de 27 membres, estime que ces propos tombent sous le coup de l'article 261bis du Code pénal suisse relatif à la discrimination et à l'incitation à la haine. Cette infraction est poursuivie d'office.
Pas de commentaire
Le collectif compte une vingtaine de membres qui se réunissent chaque soir devant la gare de Fribourg en soutien à Gaza. Par cette dénonciation, l'association entend rappeler que les personnalités politiques ont une responsabilité dans leurs prises de parole publiques.
Contacté, Philippe Demierre ne fait pas de commentaire.



