Lait: transformer 8 millions de litres par an, mode d'emploi
A Orsonnens, la Fromagerie Moléson prévoit d'investir 6 millions de francs dans une cave d'affinage où danseront meules de fromage et robots.

Des meules de Gruyère jeune, du vieux, des meules de Gruyère affiné depuis 30 mois, du Vacherin, des yaourts, des barquettes de fromage et de charcuterie, 85 tonnes de crème-double chaque année... La liste est loin d'être exhaustive, mais montre la quantité de marchandise qui transite dans la Fromagerie Moléson à Orsonnens, dans la Glâne.
Pour se donner de la place, l'entreprise qui a fêté ses 60 ans en 2025 prévoit d'investir approximativement 6 millions de francs dans une cave d'affinage flambant neuve pour doubler la capacité d'affinage des fromages à pâte mi-dure, passant de 15'000 à 30'000 places. "Elles débordent, on n'a pas assez de place", confie Fabrice Grossrieder, responsable de la maintenance.
"Un travail plus intéressant pour nos employés"
"Le format actuel ne permet pas d'y intégrer les robots modernes", précise le fils de Michel Grossrieder, directeur de la fromagerie glânoise. Parce que ces engins laitiers ont besoin de place pour retourner chaque meule, et en prendre soin. "Le bâtiment a été construit en 1982", explique Fabrice Grossrieder, "donc ce n'est pas adapté aux robots de nos jours."
Mais cette automatisation soulève des questions: comment maintenir l'âme artisanale de la fromagerie? Pour lui, la réponse est simple: "Le travail pour fabriquer le produit fini ne va vraiment pas changer. C'est plutôt un confort, et ça garantit une meilleure qualité."
"Ce ne sera plus de la manutention, du déplacement. S'occuper du robot, ça donne quand même du travail — le déplacer, le nettoyer. Je pense que ce sera un travail plus intéressant pour nos employés. La charge ne diminuera pas vraiment, mais ce sera des travaux plus agréables que passer sa journée à frotter des fromages."
Rendre durable un milieu qui ne l'est pas encore
Actuellement équipée de 1'500 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, l'entreprise prévoit de doubler cette surface avec la construction de la nouvelle cave d'affinage. Elle espère couvrir 30% de ses besoins en électricité.
En matière d'eau, un autre défi de taille se pose. Les fromageries consomment en moyenne entre 1 et 2 litres d'eau par litre de lait transformé, selon un rapport du canton de Vaud.
"Quand on presse du fromage, une certaine quantité de petit lait en découle, explique Fabrice Grossrieder. On le récupère et on le concentre. On appelle ça un concentreur: de l'osmose inverse. Nos cochons sont nourris avec ce petit lait concentré, et l'eau est récupérée pour chauffer le bâtiment et la chaudière à vapeur."


